La Dynamique de Paix en Casamance, partenaire historique de la COSCPAC

Appel de Kolda

Le 13 septembre 2026, réunis à Kolda au terme de 48 heures de réflexion et de mobilisation, la COSCPAC et l’IRAPA ont lancé, au nom de l’ensemble des forces engagées pour la paix, l’Appel de Kolda. Un texte fort, préparatoire à la réception de la Flamme pour le retour de la paix à Sédhiou et à Kolda prévue du 18 au 21 décembre 2026, qui affirme que la paix « n’est plus une promesse » mais doit devenir « une décision collective ». Cette mobilisation porte l’empreinte d’un acteur avec lequel la COSCPAC partage à la fois son histoire et sa coordination : la Dynamique de Paix en Casamance (DPC).

Un partenaire né sur le terrain, à l’origine même de la coordination

La DPC voit le jour en 2012 à Ziguinchor, dans un contexte où la Casamance cherche encore à sortir de plusieurs décennies de conflit de basse intensité. Reconnue juridiquement sous le numéro 0849/GRZ, l’association installe son siège à la Maison de la Paix du quartier Korentas, un bâtiment qu’elle a elle-même réhabilité la même année et qui reste aujourd’hui un lieu symbolique du dialogue communautaire en Casamance. C’est ce travail de terrain, mené comité local après comité local, qui a posé les bases de ce qui allait devenir la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Casamance (COSCPAC) : la DPC en est aujourd’hui l’un des piliers, et son coordonnateur, Henry Ndecky, assure également la coordination de la COSCPAC.

Un maillage associatif de grande ampleur, au service de la coordination

Ce qui fait la force de ce partenariat, c’est l’échelle du réseau que la DPC apporte à la coordination. Elle fédère plusieurs centaines d’organisations et de comités locaux répartis au Sénégal, en Gambie, en Guinée et en Guinée-Bissau, avec une ambition d’extension vers la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso. Chaque comité local regroupe une quinzaine d’associations, pour un effectif cumulé estimé à plusieurs milliers de membres actifs sur le terrain — jeunes, femmes, leaders communautaires, autorités religieuses et coutumières, journalistes, universitaires. C’est cette capacité de mobilisation communautaire qui permet à la COSCPAC de relayer ses initiatives jusque dans les villages les plus enclavés de la Casamance naturelle et de la sous-région.

Des actions concrètes, menées aux côtés de la COSCPAC

Parmi les réalisations les plus marquantes de ce partenariat :

  • Les « Maisons de Paix » : des espaces sûrs implantés dans les communautés pour favoriser le dialogue et le vivre-ensemble, sur le modèle de la Maison-mère de Korentas.
  • L’accord de dépôt des armes de Mongone (13 mai 2023) : signé entre l’État du Sénégal et le Front Nord Diakaye sous la médiation de l’IRAPA, il a vu plus de 250 ex-combattants rendre leurs armes — un moment considéré comme un cas d’école du processus de paix.
  • La caravane « Flamme de la paix », portée conjointement avec la COSCPAC à travers les départements de Casamance, pour faire vivre le message d’un silence définitif des armes.
  • Le programme « Dialogue sur la justice et la sécurité » (JSD), mené depuis 2020 avec un appui du Département d’État américain, pour rapprocher populations et forces de sécurité.
  • L’accompagnement du déminage humanitaire, avec la réception de matériel spécialisé pour accélérer la dépollution des zones encore affectées.

L’Appel de Kolda, une étape de plus dans ce partenariat

L’Appel de Kolda s’inscrit dans la continuité directe de cette action commune. Il interpelle tour à tour l’État du Sénégal, invité à faire de la paix une priorité nationale et à accélérer le retour des déplacés ; le MFDC, appelé à privilégier définitivement le dialogue à la lutte armée ; la société civile, sommée de « ne pas laisser la paix aux seuls politiques » ; les femmes et les jeunes, présentés comme des acteurs centraux de la consolidation ; ainsi que les partenaires techniques et financiers et les médias, invités à accompagner la dynamique de co-construction. Le texte se conclut par un triple engagement, désormais associé à l’identité de la mobilisation : Kolda dit oui à la paix. La Casamance dit oui à la réconciliation. Le Sénégal dit oui à une paix définitive en Casamance.

Prochaine étape : la Flamme de la paix à Sédhiou et Kolda

Cette séquence prépare directement la réception, du 18 au 21 décembre 2026, de la Flamme pour le retour de la paix dans les régions de Sédhiou et de Kolda — une initiative symbolique portée par la COSCPAC, aux côtés de la DPC et de l’IRAPA, pour marquer, au-delà des mots, un nouveau départ pour la Casamance. Depuis 2012, la Dynamique de Paix en Casamance a su transformer un réseau de bonnes volontés locales en un acteur reconnu du processus de paix, capable de mobiliser aussi bien les communautés de base que les autorités nationales et les partenaires internationaux. À travers la COSCPAC, cette énergie de terrain continue de nourrir une paix qui ne se décrète pas d’en haut, mais qui se construit depuis la Casamance.


📄 Télécharger l’Appel de Kolda (PDF) Sources : Appel de Kolda (COSCPAC/IRAPA, 13 septembre 2026) ; dynamiquedepaix.org ; Peace Insight ; Agence de Presse Sénégalaise.